Dimanche 15 juin 2008
J'ai un peu réfléchi sur le résultat de ce référendum, mis en lumière par les "Non" français et néerlandais de 2005.
Le fait est que beaucoup d'arguments totalement démagogiques et à contre-sens ont été utilisés : "non" à un traité qui parle d'économie... alors que c'est dans la droite ligne de tous les traités européens depuis 1957 ; "non" à la concurrence qui est la loi du plus fort, alors qu'elle empêche justement le fort de tout faire, j'en passe et des meilleures.
Mais le fait est aussi que ces arguments ont trouvé un écho. Ils ont trouvé un excellent terreau. Ils sont démagogiques, mais la démagogie d'un camp ne prend pas toujours (du moins, la démagogie de l'autre camp peut triompher, pour être cynique).
Il faut réfléchir plus loin que le simple constat que les arguments utilisés sont, pour leur majorité, mauvais. Pourquoi y a-t-il un rejet de la politique européenne telle qu'elle est menée ? On peut me répondre que c'est parce qu'elle est mal perçue, qu'on ne réalise pas son rôle, etc. Mais ce n'est pas une excuse : il appartient aux politiques de s'organiser pour que leur action soit perçue différemment.
Ils doivent prendre point par point les griefs qui leur sont adressés.
- La Commission est trop distante : changer la manière de décider de l'Union. S'inspirer des Etats jacobins (comme la France) qui arrivent à régionaliser sans se faire oublier.
- L'Union est libérale : la Commission doit avoir des relais forts dans les médias importants et rendre connues les mesures qu'elle prend pour le bien des citoyens européens. Montrer de manière très concrète le bien-fondé de sa politique concurrentielle, par exemple. Mais les médias ne relayent que les politiques locaux qui utilisent l'UE comme bouc émissaire. C'est un sport national dans certains pays comme la France. Il ne faut pas se laisser mettre devant le fait accompli ! Les médias d'Europe ont pour beaucoup une tradition de relais du pouvoir. Soit. les traditions européennes veulent être respectées ? Qu'elles le soient ! Il faudra changer de maître, et mener une politique de long terme en ce sens.
Et ce ne sont que deux exemples. Une remise en question est nécessaire, il faut changer le visage de l'Europe. La réorganisation des trois piliers (CE, judiciaire et politique étrangère) ne suffit pas, tout cela n'est que juridique. Il faut sortir du juridique.
Il faut avoir le bras long et toucher les gens !
Même si ça fait mal, il faut écouter les griefs. "Les gens" ont mal décidé ? On est en démocratie, il faut en tenir compte et partir de ce point-là, corrigé s'il le faut de la part de démagogie qu'il comporte. Il y a toujours un vrai message derrière.
S'il fallait répondre à une question de technique du droit, personne ne se serait intéressé à ce traité. Mais il s'agit d'une question de politique au sens large. Même si la réponse a été très indirecte, qu'elle se contredit parfois, il importe de la comprendre !
Car à terme, c'est une question d'intérêt vital pour cette superpuissance économique qui n'a aucun précédent dans toute l'histoire de l'humanité.
Le fait est que beaucoup d'arguments totalement démagogiques et à contre-sens ont été utilisés : "non" à un traité qui parle d'économie... alors que c'est dans la droite ligne de tous les traités européens depuis 1957 ; "non" à la concurrence qui est la loi du plus fort, alors qu'elle empêche justement le fort de tout faire, j'en passe et des meilleures.
Mais le fait est aussi que ces arguments ont trouvé un écho. Ils ont trouvé un excellent terreau. Ils sont démagogiques, mais la démagogie d'un camp ne prend pas toujours (du moins, la démagogie de l'autre camp peut triompher, pour être cynique).
Il faut réfléchir plus loin que le simple constat que les arguments utilisés sont, pour leur majorité, mauvais. Pourquoi y a-t-il un rejet de la politique européenne telle qu'elle est menée ? On peut me répondre que c'est parce qu'elle est mal perçue, qu'on ne réalise pas son rôle, etc. Mais ce n'est pas une excuse : il appartient aux politiques de s'organiser pour que leur action soit perçue différemment.
Ils doivent prendre point par point les griefs qui leur sont adressés.
- La Commission est trop distante : changer la manière de décider de l'Union. S'inspirer des Etats jacobins (comme la France) qui arrivent à régionaliser sans se faire oublier.
- L'Union est libérale : la Commission doit avoir des relais forts dans les médias importants et rendre connues les mesures qu'elle prend pour le bien des citoyens européens. Montrer de manière très concrète le bien-fondé de sa politique concurrentielle, par exemple. Mais les médias ne relayent que les politiques locaux qui utilisent l'UE comme bouc émissaire. C'est un sport national dans certains pays comme la France. Il ne faut pas se laisser mettre devant le fait accompli ! Les médias d'Europe ont pour beaucoup une tradition de relais du pouvoir. Soit. les traditions européennes veulent être respectées ? Qu'elles le soient ! Il faudra changer de maître, et mener une politique de long terme en ce sens.
Et ce ne sont que deux exemples. Une remise en question est nécessaire, il faut changer le visage de l'Europe. La réorganisation des trois piliers (CE, judiciaire et politique étrangère) ne suffit pas, tout cela n'est que juridique. Il faut sortir du juridique.
Il faut avoir le bras long et toucher les gens !
Même si ça fait mal, il faut écouter les griefs. "Les gens" ont mal décidé ? On est en démocratie, il faut en tenir compte et partir de ce point-là, corrigé s'il le faut de la part de démagogie qu'il comporte. Il y a toujours un vrai message derrière.
S'il fallait répondre à une question de technique du droit, personne ne se serait intéressé à ce traité. Mais il s'agit d'une question de politique au sens large. Même si la réponse a été très indirecte, qu'elle se contredit parfois, il importe de la comprendre !
Car à terme, c'est une question d'intérêt vital pour cette superpuissance économique qui n'a aucun précédent dans toute l'histoire de l'humanité.



